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Les jeunes africains apportent des innovations à l’agriculture

En associant l’expertise locale, les réseaux internationaux, les solutions TIC adaptées aux jeunes et un modèle économique axé sur la demande et les résultats, un projet mis en œuvre au Bénin fait d’une pierre deux coups. D’une part, les jeunes sans emploi sont formés et peuvent trouver du travail dans le conseil et la vulgarisation agricoles et d’autre part, les nouvelles technologies sont à la disposition d’agriculteurs pauvres qui, autrement, n’y auraient pas accès.

Malgré la demande croissante de nourriture qui offre un énorme potentiel d’emploi dans le secteur agricole, en Afrique subsaharienne les jeunes quittent les zones rurales. Pour eux, l’agriculture n’est manifestement pas attrayante dans les conditions actuelles. D’autre part, les innovations joueront un rôle clé dans l’augmentation des revenus dans les zones rurales, cette augmentation contribuant à son tour à satisfaire la demande croissante en nourriture. La recherche agricole a élaboré de nombreuses technologies offrant des avantages potentiels éprouvés, mais leur taux d’adoption et leur impact restent faibles. Cela s’explique notamment par le manque de sensibilisation et de compétences, l’accès difficile aux intrants agricoles et l’absence des services professionnels requis. Les nouvelles technologies ont besoin d’un environnement propice et d’un climat d’investissement plus favorable.

Pour les jeunes, les opportunités d’emploi résident plus dans la création de cet environnement propice que dans l’agriculture elle-même. Mais comment les jeunes peuvent-ils acquérir les compétences et l’expérience professionnelles nécessaires et développer leur réseau professionnel pour vraiment peser sur la transformation du développement rural en Afrique ?

Une stratégie en trois étapes

Au Bénin, notre équipe AfricaRice travaille avec de jeunes personnes au chômage ou sous-employées. Dans le cadre du projet « L’innovation dans l’agriculture – Adaptation au changement climatique » et de l’initiative « Un seul monde sans faim », nous utilisons une stratégie en trois étapes pour aider les jeunes à développer leurs compétences professionnelles et à trouver leur créneau dans le secteur agricole : Premièrement, nous validons et améliorons leurs connaissances pratiques agricoles via e-learning ; deuxièmement, nous leur donnons l’opportunité de faire partie d’un réseau professionnel et d’acquérir une expérience professionnelle sur le terrain ; et troisièmement, nous les aidons à créer leur entreprise ou à trouver un emploi. Le processus repose sur un modèle économique axé sur les résultats et s’appuyant sur un vaste réseau et toute une gamme de solutions TIC, comme expliqué ci-dessous.

Un réseau professionnel rural

Depuis 2016, nous collaborons avec des services de vulgarisation, des organisations d’agriculteurs et une équipe d’experts nationaux expérimentés pour construire un vaste réseau de groupes d’agriculteurs et d’experts nationaux et internationaux de la chaîne de valeur agricole. Le réseau comprend 21 communes du Bénin, couvrant environ un tiers du pays. Au début, les partenaires locaux ont aidé à identifier deux agents de terrain par commune. Ces derniers ont recueilli des données et des informations complètes sur l’agriculture locale et créé des sites Web pour leur commune. Ils ont travaillé sur un service de questions-réponses avec des agriculteurs et des experts afin d’identifier les contraintes liées à la production et les solutions possibles. Grâce à des réunions de villages, ils ont étendu le réseau à 1 500 groupes d’agriculteurs et de transformateurs, reliant ainsi plus de 30 000 personnes vivant dans 173 arrondissements.

Dans chaque commune, ils ont également mis en place un bureau qui offre un espace de collaboration, de partage d’informations et de dialogue. Ce centre relie la commune au monde extérieur, offre un accès Internet et est équipé d’une imprimante, d’un appareil photo numérique, d’un ordinateur et d’une collection de guides pratiques sur les bonnes pratiques agricoles. Ces bureaux sont les points d’entrée pour les jeunes professionnels qui veulent s’engager dans le secteur agricole.

Un modèle d’affaires axé sur les résultats

Pour atteindre la durabilité financière et institutionnelle et pour faciliter la mise à l’échelle des pratiques innovantes, nous avons adopté un modèle opérationnel innovant qui anime le processus, le modèle Rural Universe Network (réseau de l’univers rural), qui engage des collaborateurs locaux en tant que prestataires de services indépendants. Dans ce modèle, les services sont conçus avec l’apport d’experts nationaux (chercheurs retraités ayant de vastes connaissances et beaucoup d’expérience). Les services sont clairement définis (petits travaux à réaliser dans des délais et devant produire des résultats spécifiques). Un service pourrait être une réponse à une question d’un agriculteur, un cours d’e-learning ou la réalisation d’un inventaire des groupes d’agriculteurs. Les services peuvent également comprendre plusieurs tâches reliant des personnes aux compétences complémentaires.

Chaque prestataire de services est responsable d’une tâche spécifique en fonction de ses compétences professionnelles et sociales. Le coût du service est déterminé sur la base des prix pratiqués dans l’économie locale. Les prestataires de services sont payés après prestation des services et si la qualité des services est satisfaisante. Les gens peuvent être engagé à temps partiel, ce qui leur permet de poursuivre d’autres activités.

L’un des principaux avantages du modèle est qu’il ne crée pas de structure parallèle, mais qui collabore avec des organisations présentes localement et les renforce dans le processus. Plus important encore, ce système nous permet d’engager des jeunes en tant que prestataires de services. Pour beaucoup, c’est une occasion unique d’acquérir une expérience professionnelle.

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