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L’Asie échange avec l’Afrique de l’Ouest les stratégies clés pour la réussite de la chaîne de valeur du riz

« La chaîne de valeur du riz en Asie a subi une transformation rapide et est maintenant très bien intégrée et organisée, » a fait remarquer Dr Harold Roy-Macauley, Directeur général du Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice). « Il nous faut identifier des stratégies appropriées en amont, à mi-parcours et en aval d’Asie, qui pourraient être applicables en Afrique de l’Ouest, pour rendre ses chaînes de valeur compétitives et transformationnelles, afin qu’elles puissent contribuer efficacement à la sécurité alimentaire dans la sous-région. »

Faisant ces remarques lors d’un atelier de concertation sur la compétitivité comparative du riz, abrité par AfricaRice du 29 janvier au 1er février 2018, à Abidjan, Côte d’Ivoire, Dr Roy-Macauley a en outre expliqué, « Le principe de cet atelier de concertation est que les principaux pays producteurs de riz en Asie et en Afrique de l’Ouest ont beaucoup de choses en commun en ce qui concerne le développement des chaînes de valeur du riz. Il est donc important de faciliter le partage des connaissances et des expériences. »

Les ingrédients clés de l’expérience réussie de la riziculture asiatique tels que l’engagement fort des États, un environnement politique favorable, les investissements à long terme dans les infrastructures et la recherche, l’accent sur le développement de l’ensemble de la chaîne de valeur, de même que l’approche axée sur le marché avec un accent sur les besoins des consommateurs, ont été mis en exergue pendant cet atelier organisé conjointement par AfricaRice, la Banque mondiale et le Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF/WECARD).

La professionnalisation des acteurs de la chaîne de valeur, les organisations paysannes fortes, l’utilisation des variétés à haut rendement et la mécanisation, le système d’appui au crédit, la création de marchés pour la production nationale, la participation du secteur privé à l’approvisionnement des intrants, l’usinage du riz par le secteur privé, les mécanismes d’assurance qualité, le marquage et les activités promotionnelles, et les systèmes d’achat et de distribution réglementés ont également été d’autres facteurs importants de succès qui ont émergé.

Le riz est la principale source de calories alimentaires en Afrique de l’Ouest, et est reconnu comme étant une culture stratégique par les chefs d’États africains. Cependant, la production rizicole n’a pas pu satisfaire les hausses de la demande causées par la croissance démographique, l’urbanisation rapide et les préférences des consommateurs, qui sont de plus en plus exigeants en termes de meilleur qualité de riz. Le riz local se vend au prix réduit à cause des perceptions sur sa mauvaise qualité.

« Notre expérience avec le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), un programme régional facilité par la Banque mondiale et le CORAF/WECARD, nous a montré qu’il ne suffit pas d’accroître la production du riz local et penser qu’il va remplacer le riz importé, » a déclaré Dr Abdoulaye Touré, Chef économiste, World Bank Agriculture Global Practice. « Il faut que notre chaîne de valeur du riz soit mieux intégrée et capable de concurrencer le riz importé en termes de qualité. »

Les résultats préliminaires d’une étude en cours de la Banque mondiale sur la politique, les facteurs institutionnels et les investissements publics/privés du développement réussi de la chaîne de valeur du riz dans des pays sélectionnés d’Asie (Cambodge, Inde et Thaïlande) ont été présentés lors de l’atelier en vue d’informer le Programme de transformation agricole en Afrique de l’Ouest (PTAAO) – un nouveau programme régional facilité par la Banque mondiale – et d’autres interventions visant l’autosuffisance en riz.

Les résultats de l’étude de la banque mondiale ont été complétés par des présentations sur leur secteur rizicole national respectif faites par les représentants des trois pays asiatiques. En outre, des présentations sur le rôle des chaînes de valeur du riz dans les stratégies nationales de développement rizicole ont été faites par les points focaux de cinq pays ouest africains (Côte d’Ivoire, Ghana, Mali, Nigeria et Sénégal).

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