Innovations et Réseaux pour le Développement
Development Innovations and Networks
Innovación y redes para el desarrollo

  • img
  • img
  • img
  • img

Mouvements citoyens africains : un espoir pour tout un continent

Contre des présidents-dictateurs voulant se faire réélire à vie, de nombreux jeunes africain.e.s se revendiquant de l’héritage des figures historiques des mouvements d’émancipations africains dont Amilcar Cabral, Patrice Lumumba, Thomas Sankara ou Nelson Mandela, sont entrés en résistance. Cette filiation, fortement teintée d’exigences morales, alliée à des formes très modernes de mobilisations, utilisant largement les réseaux internet et la musique, conduit à une révolution des mentalités des peuples africains pour prendre leur destin en main et s’opposer à la domination des élites politiques corrompues et à la situation néocoloniale.

Les luttes contre ces présidents éternellement réélus et leurs régimes corrompus, pour la revendication de mesures progressistes et pour une vision panafricaine, donc aussi indirectement contre le néocolonialisme, commencent à être de plus en plus reprises par une nouvelle génération africaine conscientisée, se traduisant, entre autres, par un nouveau type de mouvements citoyens.

À travers leurs formes originales de communication, de fonctionnement et leur objectif de changer les citoyens pour améliorer la société, ces mouvements sont porteurs d’espoirs pour tout un continent. Toutefois ils ne résument pas les mobilisations en cours en Afrique, car, parallèlement, des contestations politiques plus classiques se déploient aussi contre d’autres régimes inamovibles, comme au Togo actuellement, mobilisation dont ces mouvements se sont déclarés solidaires. Quand la jeunesse, s’inspirant des figures historiques des luttes d’émancipation africaine, "ose inventer l’avenir", les progressistes et internationalistes ne peuvent que se réjouir !

1. Au Sénégal : "Y’en a marre !"

Dans le contexte du "printemps arabe" mi-janvier 2011 à Dakar 7 jeunes (dont 2 rappeurs et 2 journalistes) ont décidé de rompre avec le fatalisme ambiant en créant un mouvement social inédit : "Y’en a marre" (YAM), à partir de leur analyse de la situation : « Une situation de crise (cherté de la vie, coupures d’électricité, scandales financiers, etc.) dans un contexte politique lourd de danger : le système de gouvernance installé de l’État, fondé sur le népotisme, le clientélisme politique, la corruption et l’impunité avait fini de saper les fondements de la République, de pervertir les valeurs et la morale sociale et de diviser la nation sénégalaise ». Ils ont été vite rejoints par d’autres figures du mouvement Hip Hop pour lancer Y’en a marre qui regroupe aujourd’hui de larges couches de la jeunesse sénégalaise. Depuis, Y en a Marre, dont le nom en lui seul est tout un programme, est devenu très populaire, implanté un peu partout dans le pays.

2. Au Burkina Faso : "Le Balai citoyen"

Le Balai Citoyen, nom inventé par deux musiciens SamsK le Jah et Smockey, est né officiellement le 25 août 2013, fruit d’un processus commencé en 2010 en opposition au régime de Blaise Compaoré. Porté par de jeunes journalistes, artistes, étudiants et cadres du public et du privé, l’objectif était la mobilisation de la population, en particulier la jeunesse, pour obtenir le départ de Compaoré, "Blaise Dégage", ainsi que des améliorations immédiates de la vie quotidienne.

3. Au Congo RDC : "La Lucha" et "Filimbi"

La Lucha fondée en mai 2012 à Goma dans le Nord-Kivu, région ravagée par de longues guerres civiles, se réclame exclusivement de la résistance non violente s’inspirant des combats de Gandhi, Martin Luther King et Nelson Mandela. Au départ, elle s’inscrit explicitement dans le sillage du printemps tunisien. Pour appuyer ses revendications ou s’opposer à la violence d’État, elle a recours à des sit-in massifs, annonçant ne jamais répondre à la violence par la violence, elle utilise le lobbying en cas d’arrestations de manifestants.

Filimbi est né officiellement le 15 mars 2015 à Kinshasa en présence notamment de représentants de Y’en a marre, du Balai Citoyen, de la Lucha et d’autres personnalités et de journalistes. Les idées du nouveau mouvement sont traduites immédiatement en chansons, même si les cofondateurs ne sont pas des artistes, mais un banquier (Floribert Anzuluni), un médecin (Franck Otete) et un licencié en droit travaillant en entreprise (Yangu Kiakwama Kia Kizi), donc des hommes non issus de milieux défavorisés. La conférence de presse de lancement s’est terminée dramatiquement par l’enlèvement par des militaires d’une quarantaine de personnes, dont certaines ne seront libérées que dix-huit mois plus tard. Dés sa fondation les leaders de Filimbi sont accusés de terrorisme et de vouloir préparer une insurrection violente, alors qu’ils se revendiquent résolument de la non-violence et du respect du cadre légal, voulant rompre avec les cycles de violence qui ont ravagé le pays. Cette réaction brutale du gouvernement n’a pas empêché le développement du mouvement, malgré le départ de ces principaux animateurs en exil.

Sources : Ritimo.org

Les articles de la même rubrique

img

Plateforme de l’agriculture familiale : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sujet

Aujourd’hui, 1 personne sur 9 s’endort le ventre vide. En 2050, il y aura 2 milliards de bouches supplémentaires à nourrir. Un défi impossible ? Non ! L’agriculture familiale peut répondre aux grands enjeux de demain : nourrir les hommes, lutter contre la pauvreté et préserver l’environnement. (...)

img

Gestion interactive du cycle de projet – PCMi

La plate-forme interactive de gestion de cycle de projet de la Direction du développement et de la coopération DDC. La plate-forme vous offre un choix de différentes options pour l’auto-apprentissage afin d’améliorer ou d’actualiser vos compétences en matière de gestion de cycle de projet. (...)

img

Changement climatique : un fardeau injuste

Cette publication met en lumière les problèmes engendrés par le réchauffement climatiques et les stratégies d’adaptation adoptées par les populations locales africaines pour atténuer leur vulnérabilité.
Au cours des deux dernières décennies, 200 millions de personnes dans le monde ont été sauvées de la (...)

img

Côte d’Ivoire : pauvres paysans !

Le 5 mai dernier, le gouvernement ivoirien a annoncé le durcissement de sa loi sur la pénalisation de l’évasion des cultures d’exportation.
Les cultivateurs de café, de cacao et d’anacarde qui écoulent le fruit de leur labeur à l’extérieur du pays s’exposent désormais à 10 ans de prison et 50 millions (...)

img

Fiches techniques sur le sésame, l’oignon roue, la pastèque...

Différentes fiches techniques pour la production de :
Le Sésame
Le Niébé
La pastèque en saison sèche chaude
L’oignon rouge
La pomme de terre