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Prix Nobel Alternatif : Yacouba Sawadogo ou le triomphe du « zaï »

Dans les années 1980, lorsqu’il entreprenait de transformer des terres arides en forêts, beaucoup n’ont pas cru en lui. Mais ce 24 septembre 2018, Yacouba Sawadogo montre une bonne fois pour toute, qu’il avait raison. Il a été sacré Prix Nobel Alternatif.

Yacouba Sawadogo figure parmi les lauréats du Prix Right Livelihood ou Prix Nobel Alternatif 2018. Son nom a été révélé ce 24 septembre 2018.

Présenté par les organisateurs comme « l’homme qui a arrêté le désert« , le septuagénaire burkinabè a été primé pour « pour avoir converti en forêts des terres infertiles ».

L’homme a mis au point la technique du « zaï », qui consiste à creuser des trous en saison sèche pour les remplir de fumier et à construire de petites murailles pour retenir l’eau des pluies, tout en plantant des arbres.

Raillé par les membres de son village dans le Yatenga, il a cependant réussi à « établir une forêt d’environ 40 hectares sur des terres jusqu’alors infertiles et abandonnées. Cette forêt abrite aujourd’hui plus de 60 espèces d’arbres et d’arbustes différents, se distinguant comme étant l’une des sylves plantées et gérées par un paysan les plus diversifiées du Sahel », lit-on dans le communiqué de presse de la Fondation du Prix Right Livelihood.

Quel est son ressenti après cette distinction internationale ? Une envie de persister dans ses efforts, confie-t-il à ceux qui l’ont distingué. Mais le transfert de cet héritage lui importe aussi. « La légitimation apportée par ce Prix, j’en suis confiant, devrait inspirer d’autres personnes et les encourager à agir tant que possible pour la régénération de leur terre. Et ce au profit de la nature, des communautés locales et des générations futures », espère-t-il.

Yacouba Sawadogo recevra son prix, d’une valeur de 96 000 euros, soit plus de 60 millions de F CFA, le 23 novembre 2018 à Stockholm.

Fondée en 1980, la Fondation du Prix Right Livelihood, d’origine suédoise, distingue chaque année quatre lauréats qui s’illustrent dans le combat pour l’environnement et le développement. Cette année, les deux autres prix en espèces sont décernés aux défenseurs des droits de l’homme et des droits civils Abdullah al-Hamid, Mohammad Fahad al-Qahtani et Waleed Abu al-Khair de l’Arabie Saoudite (ils se départagent le prix) et à l’agronome australien Tony Rinaudo. Le Prix honorifique 2018 revient à deux acteurs de la lutte contre la corruption, Thelma Aldana du Guatemala et Iván Velásquez de la Colombie. Le Prix a récompensé à ce jour 174 lauréats issus de 70 pays.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

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