Nous, organisations de la société civile africaine et la diaspora, réunies les 28-29 août 2017 à Bamako dans le cadre des consultations régionales panafricaines sur le Pacte Global sur les Migrations, sommes fortement préoccupées par les politiques migratoires qui se mettent en place sous la pression de l’Union Européenne et de ses États membres.
Ces politiques sont caractérisées par une approche purement sécuritaires et d’exclusion. La rencontre de la Valette a été un moment important dans la mise en place de ces politiques. L’accord et la déclaration qui s’en sont suivis concernent principalement : 1. La prévention de la “migration irrégulière” 2. La coopération en matière de retour et de réadmission.
Ces politiques vont à l’encontre des intérêts des populations africaines et des migrants. De plus, elles ont des effets négatifs sur la libre circulation aussi bien au niveau international qu’au sein du continent africain.
Le mini-sommet entre la France et certains pays d’Afrique, tenu les 27 et 28 août en même temps que notre encontre, s’inscrit dans cette logique. Il met en oeuvre certains éléments contenus ans les accords de la Valette, notamment en décidant de la prochaine mise en place de centres de tri (ou hotsopt) au Niger et au Tchad.
Ces centres, qui sont des éléments centraux dans les politiques d’externalisation des frontières de l’Europe,vont devenir des points focaux pour les demandes d’asiles provenant du continent africain. Dans cette logique, tout demandeur d’asile africain pour l’Europe devra désormais passer par ce centre pour pouvoir introduire sa demande d’asile au sein de l’UE. Cette approche rend toute demande d’asile quasiment impossible et elle est contraire à la fois à la Convention de Genève et celle de l’Union Africaine sur les réfugiés.
Un premier atlas visant à mieux comprendre la complexité des modèles de migration rurale en Afrique subsaharienne a été publié aujourd’hui. L’atlas intitulé L’Afrique rurale en mouvement. Dynamiques et facteurs de migrations dans le sud du Sahara – souligne également le rôle important que les zones rurales continueront de jouer dans les futurs phénomènes migratoires du continent.
« La croissance de la population se traduit par une forte augmentation de la population active. Près de 380 millions de personnes en âge de travailler sont appelées à entrer sur le marché du travail d’ici 2030, dont 220 millions dans les zones rurales. Le défi est de créer assez d’emplois pour absorber toute cette main d’œuvre. Ainsi, c’est pour toutes ces raisons que l’agriculture et le développement rural doivent faire partie intégrante de chaque intervention déployée pour faire face aux grands mouvements migratoires afin d’exploiter au mieux le potentiel des migrations, au profit du développement, » a déclaré M. Kostas Stamoulis, Sous-directeur général et responsable du département Développement économique et social.
A travers une série de cartes et d’études de cas approfondies, les 20 auteurs de l’atlas, issus de différentes institutions de recherches, de think tanks ou encore d’organisations internationales basées en Afrique ou hors d’Afrique, explorent la complexité des causes, parfois interconnectées, qui conduisent les africains à quitter leurs maisons. Ensemble, ils apportent des éléments de réponses aux questions liées aux dynamiques et aux perspectives régionales migratoires et de la sorte, aident à mieux comprendre le phénomène de migration rurale.
« L’atlas arrive en temps opportun alors qu’il devient de plus en plus pressant de se doter de nouveaux outils analytiques afin de mieux comprendre les phénomènes migratoires en Afrique. Face au changement climatique et à la croissance de la population, l’atlas offre un aperçu de ce que signifie la migration rurale tout en aidant à élaborer des mesures plus cohérentes et de manière plus coordonnée afin de pallier aux problèmes liés à la migration, » a-t-il ajouté.
L’atlas est le résultat d’un partenariat entre le Centre français de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avec le soutien technique du Centre pour l’innovation dans la gouvernance (GovInn) basé en Afrique du Sud.
« Cet atlas contribue de manière innovante au débat politique non seulement entre les gouvernements et la communauté internationale mais aussi entre les protagonistes locaux, » a déclaré M. Jean-Luc Khalfaoui, Directeur général de la recherche et la stratégie au CIRAD.
Les succès obtenus nous ont permis d’avoir la confiance de nos partenaires techniques et financiers pour un nouveau projet.
Ce projet va s’étendre aux organisations d’économie sociale et solidaire en Afrique sans tenir compte de leur appartenance au réseau africain d’économie sociale et solidaire.
Visitez le site du Laboratoire et Service International d’appui Aux Organisations d’Économie Sociale et Solidaire en Afrique en cliquant sur l’image ci-dessous.